pyjama chalet

Une chanteuse d’opérettes, – une mondaine, femme d’avocat renommé, – une congaï annamite à ses gages, servante-esclave d’ailleurs plutôt que servante-maîtresse, – une Japonaise pensionnaire de maison close, mandée chaque mardi pour une volupté hebdomadaire, – une jeune fille réputée candide, et qui se débauchait incognito ; – cinq femmes enfin dont chacune eût probablement méprisé les quatre autres, à cause de leurs destins différents, – étaient également appréciées, flattées, caressées, et méprisées par cet amant professionnel que jamais une préférence n’avait troublé. Dans le fait, Mévil ignorait même que cet autre existât ; Fierce, par égard pour Hélène, lui gardait le secret, et supportait avec complaisance qu’elle le menaçât quelquefois, par jalousie ou par sadisme, de « tout dire. En fait, on l’avait tout simplement lâché, comprenez-vous, mais il ne se tenait plus. J’ai beaucoup plus longtemps que ça ! « Oh, j’ai été heureux, bien sûr ! « Il a encore un duvet de beau fruit et depuis que j’ai eu l’heureuse inspiration de lui donner une chambre chez moi et de l’inviter à partager mes repas, je me sens moins racorni moi-même.

Et moi aussi, j’étais fier en son nom, sans être pourtant aussi certain que lui des extraordinaires avantages de son marché. Aucun être n’aurait pu affronter le flot colossal et impétueux qui semblait briser ses tourbillons contre l’asile de vague silence où nous avions trouvé un abri précaire comme celui d’un îlot. « Parce que, notez-le bien, pendant tout le temps de la remorque, nous avions laissé deux quartiers-maîtres près des haussières, haches en main, pour trancher le câble au cas où… Par un caprice de la saison, il avait plu pendant la nuit, – une averse courte et diluvienne, comme il en tombe une fois par mois en pleine époque sèche. Hélène, en tout cela, s’était laissé conduire par son destin, et ne le trouvait point néfaste. M. d’Orvilliers, dès qu’il eut dit cela, oublia la fille pour le père, et détailla à son aide de camp, respectueusement distrait, l’historique minutieux du combat susnommé, et la gloire acquise en cette occurrence par les Chasseurs d’Afrique que commandait le héros Sylva.

Depuis bien des années Fierce vivait selon ses sens, et sans autre recherche que de les contenter du mieux qu’il pouvait. Torral, éclectique, équilibrait ses plaisirs selon l’arithmétique épicurienne, et se vantait d’exprimer ainsi de la vie tout le bonheur y contenu. C’est humiliant. » Pêle-mêle, il méprisa Mévil, assez fou pour aimer l’amour, et Torral, assez niais pour mettre le bonheur en formule : – Maximum de jouissances… Maintenant, à distance, la seule chose qui me paraisse miraculeuse, c’est l’étendue de ma naïveté. Au lieu de cela, maintenant, il est blessé. Il la regarda tandis qu’ils marchaient : elle avait un teint de pastel, un front bien pur, une bouche fière et malicieuse, – et sur tout cela, un charme répandu de jeunesse, de grâce et de sincérité. La vie secrète de Paris ou de Londres est peut-être plus répugnante que la vie de Saïgon : mais elle est secrète ; c’est une vie à volets clos.

Ça, c’est épatant ! Le semaine avait été propice. Pourtant ce soir-là, devant cette pâtisserie, derrière la glace de ce beau coupé, cette grande bouche, ce trognon de nez, ces yeux à la chinoise, il eût juré Zonzon Pépette. Le colonel Sylva commandait ces escadrons. Il imagina la petite Sylva ; une maigre brune à profil de médaille, anguleuse, exaltée, pleurarde, et bête à manger du foin ; – graine de vieille fille. L’ombrelle bleue enfin découvrit Mlle Sylva. L’ombrelle mauve s’abaissa ; Fierce saisit le bras de Mme Abel qui sauta légèrement sur les premières marches ; il la vit comme à l’ordinaire, point jolie, mais souriante et l’air bon ; – elle plaisait. Il la trouva immédiatement délicieuse, et il oublia Mlle Abel. La scène représente un coin de parc dans une ville d’eaux : au fond à droite, un kiosque abritant la source ; au fond à gauche, un pavillon servant de salon de lecture. Le détail variait. Mais, en proportions inégales, c’étaient toujours des femmes, de l’opium et de l’alcool qu’on mélangeait, avec entr’actes de promenades nocturnes dans la ville chinoise grouillante ou parmi les solitudes de la campagne endormie.

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